Les Arts Scénics As de Trêfle | L'Appel Des Tympans

Interviews

Published on septembre 16th, 2013 | by Monsieur T.

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As de Trêfle

A l’occasion du festival Les Arts Scénics (23 et 24 août 2013), l’Appel des Tympans a interviewé Laurent, le chanteur du groupe As de Trêfle.

L’Appel des Tympans : Ton groupe As de Trêfle existe depuis plus d’une dizaine d’années. Comment expliques-tu le succès du groupe ?
Laurent : C’est un truc assez inexplicable, on a commencé fin 1995, début 1996. On était lycéens, on jouait un peu de musique comme ça, on était des potes de lycée, on a commencé à écrire des petites chansons, faire des répets dans le garage, on ne pensait pas du tout que ça allait fonctionner… Puis finalement tous les ans on se dit ça, et puis ça fait quinze ou seize ans maintenant. C’est difficile à expliquer pourquoi ça fonctionne, je sais pas, je crois que ça touche vraiment tout le monde. On a vraiment eu un public divers depuis le début.
ADT : Le bouche-à-oreille aussi ?
Laurent : Oui il y a eu le bouche à oreille qui a bien fonctionné et puis c’est vraiment intergénérationnel, il y a du lycéen, du collégien, il y a même des chansons qui sont reprises dans des écoles pour des gamins, il y a du public de festivaliers et il y a des gens un peu plus âgés quand on fait des plans gratuits, donc ça touche un peu toute les générations. Finalement je pense que c’est aussi pour ça que ça a duré. C’est pas un truc qui est vraiment figé dans un style, c’est un avantage pour nous.

image as de trefleADT : Le line-up du groupe a récemment évolué, est-ce que tu peux m’expliquer la raison de ce changement et tes impressions sur le nouveau batteur (Michaël Saccoman) ?
Laurent : Oui ça a un peu évolué, Laurent à la basse et moi, on est les deux depuis le départ, Géraldine ça fait une dizaine d’années qu’elle est là au violon, avant on avait un autre violoniste sur les deux premiers albums. Ensuite on eu Mickey… En fait Mickey c’est le troisième batteur. Le premier a fait les deux premiers disques. Mickey qui est resté dix ans avec nous, après le Houlalive, a déménagé à Berlin. Il est parti faire de la zik là-bas. Mike (le nouveau batteur) c’est un ancien pote de Mickey. Tout le monde se connaît à Tours, c’est une petite ville.
ADT : Il est donc parti en bons termes.
Laurent : Oui en supers bons termes et puis c’est lui qui nous a présenté Mike le nouveau batteur. Tout s’est bien passé.

ADT : Pourquoi sortir l’EP autant de temps après la sortie du disque ?
Laurent : Hum … Ben c’était pas trop prévu comme ça à l’avance. Vu que nous on est en auto-prod, on s’occupe vraiment de tout, tout seul. Des maquettes, de la pré-prod, de l’enregistrement, de la sortie, donc ça prend vachement plus de temps. On sait par expérience que ça prend toujours plus de temps que prévu et là c’est encore une fois ça. On avait ces 4 morceaux là, on voulait les mettre en exclu et puis finalement l’album ne sort qu’en février (2014) donc oui il y a eu un bon laps de temps. Mais c’était pas trop prévu comme ça à la base (rires).

ADT : Sortir l’EP en téléchargement libre sur le net, cela peut avoir l’air risqué. Alors qu’en est-il pour vous ? Pari gagné ?
Laurent : C’était un truc que l’on avait envie de tenter, ça pouvait être rigolo de faire à prix libre. Il y a plein de groupes qui mette ça en téléchargement vraiment gratuit. La gratuité c’est pas un truc qui est forcément formidable. On avait envie de donner la possibilité aux gens de participer si ils en avaient envie. Au final c’est quasiment comme si on avait mit un euro le morceau. Il y a plein de gens qui l’ont téléchargé gratuitement. Mais il y a des gens qui ont mis un, deux, trois, quatre euros, des fans qui ont mis dix euros, quinze euros, parce qu’ils voulaient absolument avoir le quatre titres chez eux avec un bon son. Finalement c’était une bonne expérience. Financièrement pour nous c’est pareil que si on l’avait mis à un prix normal, quatre euros les quatre titres. Mais voilà ça donnait la possibilité aux gens … Ce qui était rigolo c’est qu’il y a des gens qui l’ont téléchargé gratos et puis deux jours après qui revenaient sur le site pour mettre un ou deux euros.

ADT : Concernant la chanson « Ça ou d’la merde », quand tu dis « Ça  », peut-on savoir qui en prend pour son grade ?
Laurent : C’est tout ! C’est de l’autodérision aussi. Ça s’adresse à nous aussi en premier, ça nous fait marrer … tu peux tout mettre derrière, les gens l’entendent vraiment comme ils veulent. Il y a plein de grilles de lecture possibles, c’est le morceau que l’on a mit en avant, celui où on a fait un clip, c’est le morceau qui commence les concerts et puis on trouvait ça vraiment drôle de commencer par « Ça ou d’la merde c’est pareil», salut c’est nous ! (rires) C’était vraiment de l’humour à deux francs mais finalement ce morceau il a quand même marqué les gens sur le quatre titres pour l’instant.
ADT : J’ai beaucoup aimé celui-là et le dernier de l’EP.
Laurent : Je sais plus l’ordre…
ADT : « Passer l’hiver ».
Laurent : Bien là on les joue. Ces quatre morceaux, ça fait quasiment un an qu’on les fait tourner sur scène. Il y en aura un ou deux autres nouveaux ce soir.

ADT : J’ai remarqué que la guitare électrique était beaucoup plus présente. Pourquoi ce choix ?
Laurent : C’était une envie qu’on avait depuis longtemps. Ça fait 15 ans qu’on fait de l’acoustique. Qu’on fasse des morceaux punks ou des morceaux chansons ou n’importe quoi, c’était tout le temps de la guitare acoustique. Puis en fait en rencontrant des ingénieurs du son, en bossant sur le live, en mixant le dernier Houlalive, il y avait des trucs qui manquaient donc on a cradoté un peu les guitares acoustiques… puis après on est passé au vrai guitare électrique. Mais il y a vraiment de tout sur l’album. Ça reste encore tout le temps de la guitare acoustique et de temps en temps on superpose quelques guitares électriques. C’est une évolution un peu normale depuis 10 ans.

ADT : Comment écris-tu tes textes ? Est-ce que c’est quand un sujet te parle ou alors quand ça te viens ?
Laurent : Il n’y a pas de sujet prédéfini à l’avance. Je me dis pas, tiens je vais écrire là-dessus ou sur ce thème là. C’est tout le temps des petits jeux de mots, des phrases comme ça qui te viennent puis à partir de là, la chanson elle s’écrit d’elle-même. Après c’est juste tu remplis les cases, tu fais rimer des trucs à la con. En fait le thème vient en écrivant.
ADT : C’est d’abord les textes et après la musique ?
Laurent : Non pas tout le temps, souvent j’ai quand même besoin de choper trois accords, soit au piano, soit à la gratte. Trouver une mini mélodie…
ADT : Vous ne faites pas de bœuf pour composer ensemble ?
Laurent : Pas trop, au départ c’est vraiment un exercice solitaire, l’écriture des textes. Moi il me faut deux trois accords, après ça change une fois que le texte est écrit. Avec ça on peut trouver d’autres musiques dessus. C’est là après où tout le monde joue et on fait tourner pendant des heures des trucs. Mais au départ c’est vraiment guitare voix, ou piano voix.

ADT : Est-ce que l’on peut s’attendre à des surprises sur le nouveau disque ? Des invités ou d’autres choses inattendues… ?
Laurent : Des trucs inattendus… ouais. On est en train de voir, ça va être court, on enregistre dans trois semaines, mais il va y avoir des cuivres comme il y en avait eus sur le deuxième album. Il y a un morceau où on va appeler une section cuivre, on espère d’un groupe très connu. C’est en train de se goupiller. Il y aura sûrement un duo. On va faire une reprise aussi pour la première fois, une reprise d’un vieux groupe et que l’on va peut être faire en duo.
ADT : Quelle reprise ?
Laurent : Je peux pas te dire le titre (rires). C’est un morceau de Cornu. C’était un groupe de Tours qui était vraiment terrible, qui n’a pas duré très très longtemps finalement. Un super titre qu’on a envie de remettre au goût du jour, à notre sauce… Ça va être ça les deux surprises.

ADT : Quel est ton état d’esprit pour le nouvel album ?
Laurent : Hum… On va faire comme d’hab, on va pas trop se poser de questions. Les morceaux on les a. Ils nous plaisent, on va enregistrer. On se prend pas trop trop la tête finalement. Le studio c’est toujours un peu compliqué, c’est long, c’est un boulot qui est différent de la scène, on a tellement l’habitude de jouer.
ADT : Vous allez rester longtemps en studio ?
Laurent : À peu près quinze-seize jours pour les prises et puis ensuite on va repasser une dizaine de jours pour mixer.
ADT : Ça reste assez rapide quand même.
Laurent : Ouais c’est rapide parce qu’il y avait déjà les quatre premiers titres de EP qui sont enregistrés. Donc ce ne sont que les deux-tiers de l’album finalement qu’on va enregistrer. C’est quand même des grosses journées, tu restes quinze jours enfermé à cinq ou six dans un studio dans le noir, tu es tout le temps les uns sur les autres pendant quinze jours. Le mix pareil. C’est un exercice vraiment différent que de partir en tournée avec le camion mais c’est cool aussi puis ça se fait. On a toujours l’impression qu’on n’est pas prêt mais ça se fait quand même.

ADT : Est-ce que vous avez prévu des grosses dates pour la suite de la tournée ?
Laurent : Là j’ai pas trop les dates en tête… là juin juillet août on fait les gros festivals comme un peu tout les ans l’été. L’album sort le 4 février. Le prochain gros rendez-vous ça va être le 7 mars à la Cigale à Paris. Ça va être « un peu » la grosse date de l’année 2014. On part en Allemagne début 2014 en février pour roder le nouveau set, on va partir une dizaine de jours.
ADT : Vous tournez beaucoup à l’étranger ?
Laurent : Ça commence, on a eu l’opportunité de jouer en Allemagne il y a cinq six ans, on a trouvé un tourneur qui fait jouer des groupes français en Allemagne et on est parti. Première tournée, on a du jouer 21 dates en 21 jours. Tous les ans on repartait dix quinze jours et puis on a poussé vers l’Est et il nous a trouvé des plans en République-Tchèque, en Autriche, en Slovaquie. Donc tous les pays de l’Est, c’était une expérience incroyable. On savait pas du tout à quoi s’attendre puis finalement on trouve plein de dates, le public réagit super bien.
ADT : La barrière de la langue ne pose pas de problème ?
Laurent : Finalement non, c’était assez surprenant. Ils ont l’habitude d’entendre que des groupes Anglo-saxons qui chantent en Anglais. Il y a assez peu de groupes allemands qui chantent en Allemand. Donc il aime bien le Français, et dans toutes les villes où on a été il y avait beaucoup d’étudiants, tout les Français, les Erasmus, les Français qui bossent en Allemagne… ils venaient tous sur les dates donc c’était un public moitié Français moitié Allemand, c’était assez rigolo.
ADT : Et pourtant vos textes restent en français !
Laurent : Ben ouais, on a jamais chanté en anglais nous. On parle pas trop bien anglais d’ailleurs (rires).

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