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Published on novembre 27th, 2012 | by Milo

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Eiffel : Une interview monstrueuse

Samedi 24 novembre 2012, l’un des groupes phares de la scène rock Française a fait escale dans la cité Cadurcienne pour jouer à la salle des Docks. Évidemment l’Appel des Tympans est allé à leur rencontre !

Estelle Humeau (bassiste) et Nicolas Courret (batteur) ont répondu avec enthousiasme à nos questions.

L’Appel des Tympans : “Foule Monstre” est le 5ème album de Eiffel et le 2ème enregistré au studio des Romanos, quelles ont été les ambitions lors de la création de l’album après le succès de l’album précédent ” A tout moment ” ?

Estelle : Déjà d’aller au bout des idées qu’on avait, de ne pas se limiter ni en temps ni en rien. On a essayé plein d’instrumentations différentes, plein de choses que l’on a des fois jeté.
Nicolas : L’enregistrement a duré plus d’un an…
Estelle : Pas qu’avec de l’enregistrement tout du long mais c’est vrai qu’entre les maquettes, les moments où l’on enregistre, les moments où l’on cherche un peu et puis il y avait des pauses (rires).
ADT : C’est un peu le luxe d’avoir un studio à domicile, pas de contraintes de temps…
Nicolas : C’est le grand grand luxe.
Estelle : Ça prend du temps, d’ailleurs on est en train de le finir (le studio). Mais c’est pour cela qu’on l’a fait, c’est pour pouvoir enregistrer, répéter, tout ce que l’on voulait au niveau musical sans avoir rien à demander à personne.
Nicolas : Et donc niveau ambitions artistiques, c’était de pouvoir explorer un peu l’univers sonore d’Eiffel en rajoutant des boites à rythme, des synthés, ne pas se priver de tout ça.
Estelle : Oui et ne pas se priver d’aller dans des endroits où l’on avait déjà été il y a longtemps sur ” Abricotine “. D’avoir plus de cœurs pop, plus dans le coté pop, d’autres fois on est allé plus dans le coté rock. Ne pas se priver au niveau ambiance musicale.

ADT : Sur “Foule Monstre”, on trouve beaucoup de guest. Joe Doherty, Augustin Humeau, The Mysterious Nansouty’s Girls, Phoebe Killdeer, Bertrand Cantat … Est-ce que l’on peut considérer Eiffel comme une grande famille où chacun apporte sa pierre à l’édifice ?

Nicolas : Ce n’est pas exactement comme cela que ça se passe mais effectivement. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des invités, il y en avait aussi sur l’album précédent, il y avait un peu les mêmes. Il y avait Joe, il y avait Bertrand, il y avait Clémentine et Fabrice.
Estelle : Après selon ce dont on a besoin, il y a plein de potes qui font de la musique donc c’est assez facile. Déjà on fait écouter ce que l’on fait à des potes ou de la famille et du coup après dès que l’on a une idée d’un instrument différent et qu’on l’a à proximité on n’hésite pas à demander puis à agrandir effectivement Eiffel. Mais Eiffel ça reste quand même quatre personnes. Même s’il y a des invités tout le monde n’est pas Eiffel non plus, mais c’est chouette d’avoir des fois des gens qui passent. C’est ce que l’on peut faire aussi du coup avec le studio.

ADT : Tu disais quatre personnes et là il y en a une cinquième pour la tournée.

Estelle : Oui, pour la scène, parce que ça faisait un moment que l’on voulait être cinq sur scène et que l’on ne pouvait pas financièrement. Là on s’est dit qu’on allait pouvoir.
Nicolas : On a fait en sorte de se dire que cette fois on pourrait sinon on ne le fera jamais (rires). Et puis ça s’y prêtait fortement, avec tout ce dont on a parlé tout à l’heure, avec plein de sons de claviers, de choses comme ça. Même si depuis ” A tout moment ” on tourne en concert avec nous quatre plus des boucles que je pilote avec un ordi, mais on s’est dit là le cinquième ça devient important.
Estelle : Il y a quand même plein de parties qui sont dans les albums et qui sont importantes. Au niveau du jeu, c’est bien de les avoir en live. Du coup sur tous les morceaux ça permet de mettre plein d’arrangements que l’on aurait pas pu mettre. Et même sur d’anciens morceaux ça permet de faire des arrangements que l’on aurait pas pu mettre. Ou des éléments qui disparaissaient alors qu’ils étaient importants.

ADT : Eiffel est souvent résumé à son leader Romain Humeau. Qu’ont-apporté les différents membres lors de la création de l’album ?

Nicolas : Disons que effectivement, Romain écrit les chansons, c’est lui qui donne la direction artistique. Moi je pense que dans la maturation des chansons à un moment donné on parle aussi de musique qu’on écoute, de choses comme ça et ça contribue aussi à créer une sorte d’univers. Ensuite Romain écrit ses chansons puis nous on les joue en enregistrant, alors c’est pareil les morceaux sont assez arrangés, là aussi on importe notre jeu, notre sensibilité. Donc oui Romain écrit ses chansons avec ces arrangements.
ADT : Oui donc il écrit tout et il y a déjà des arrangements, ce n’est donc pas juste un son brut ?
Nicolas : Voilà ce n’est pas simplement les chansons brutes. Il pense à des riffs de guitare, des beats de batterie, les parties de corde, etc…
Estelle : Après au moment où l’on enregistre, on en parle : est-ce que l’on ferait plutôt comme-ci ou plutôt comme-ça. Le truc se fait aussi avec notre jeu mais nous plus en tant qu’interprètes qu’en tant que créateurs.

ADT : Pour l’album on a droit à un graphisme très particulier, style comics books urbains, qui nous présente une foule de personnages tous plus barrés les uns que les autres, avec au premier plan une fille aux Converse rouges avec un bonnet de lapin. C’est justement cette même fille qui apparaît dans le clip de “Place de mon cœur”. Est-ce que les prochains clips seront dans la même veine ?

Estelle et Nicolas : Non pas du tout ! (rires).
Nicolas : Ça sera filmé, on y sera, il n’y aura pas que nous…
Estelle : Non ça nous plaisait de faire un film d’animation pour un premier clip. Après ça s’est fait quand même assez vite, pas par les mêmes personnes qui ont fait la pochette. Donc c’est une adaptation, une vision d’une boite de prod de films qui a fait ce premier clip d’animation. Après nous on aurait voulu un truc un peu plus fourni au niveau des personnages et tout. Mais une équipe d’animation c’est quand même très compliqué, très cher, très long pour faire quelque chose de fourni. Donc en refaire d’autres il aurait fallu s’y prendre un an à l’avance.
Nicolas : Puis avoir un peu plus de budget (rires).

ADT : Donc là vous avez un nouveau single : “Libre”, vous allez faire un clip pour celui-là ?

Estelle : On tourne le 11/12 décembre.
ADT : Des idées pour le clip ?
Estelle : Je ne sais pas si on peut le dire… (rires).
Nicolas : C’est une surprise.
ADT : Donc pas d’exclu dommage (rires) on sait déjà que ce n’est pas en animation (rires).
Estelle : Pas d’animation et on sera dedans voilà…
Nicolas : Et il y aura un peu de gens….

ADT : Après le 2ème album, le groupe avait effectué une petite tournée spéciale avec des instruments atypiques et en ré-arrangeant les morceaux. Je me rappelle avoir lu que Romain souhaitait faire la même chose pour la tournée de “A tout moment” mais au final sans suite. Est-ce que vous y pensez encore ?

Nicolas : On en a parlé…
Estelle : On en parle plus… (rires) parce que l’on est dans d’autres choses. On parle souvent de beaucoup de choses et après il y a des choses que l’on a le temps de faire et d’autres non.
Nicolas : Ouais on ne sait pas, en tout cas on en a parlé.
Estelle : On aimerait bien finir différemment avec d’autres arrangements, d’autres personnes. Pas forcément comme la dernière fois avec le quatuor à cordes. Ça pourrait être je sais pas, avec un DJ… Mais après on verra, là déjà on tourne jusqu’à fin 2013, donc si on prévoit encore un truc après, pourquoi pas mais il faudrait y penser. A un moment on s’est dit tiens pourquoi pas avec de la danse… C’est des trucs à mettre en place, si on ne s’y prend pas assez tôt on y arrivera pas et pour l’instant on est plutôt dans d’autres choses. La tournée ça prend pas mal de temps, il y a des clips à tourner, donc on verra si à un moment il y a des trucs qui se déclenchent. On a toujours plus d’idées que ce que l’on peut faire.

ADT : Lors de la tournée de “A tout moment” un certain nombre de concert ont été filmés … Quand est-il de ces rushs ? Le DVD est-il toujours d’actualité ?

Estelle : Oui on a énormément d’heures de film…
Nicolas : Oui une soixantaine d’heures je crois…
Estelle : Plus je crois. Donc c’est un ami qui est comédien qui ne fait pas que ça, ce n’est pas son métier. Mais il a envie de faire un DVD, il est en train de trier tout ça, de créer une trame, de chercher des gens avec qui bosser. On ne sait pas quand cela sera fini mais ça se fait.
Nicolas : Ça sortira d’une manière ou d’une autre un jour.
ADT : L’idée serait une sorte de documentaire ?
Nicolas : Une sorte de documentaire sur la tournée précédente. Mais il est revenu aussi nous filmer à Bordeaux.
Estelle : Mais je pense qu’il y aura un lien entre la tournée d’avant et celle là. Il a beaucoup beaucoup de choses donc c’est sur qu’il va sortir quelque chose. Après ça va être sa vision, il aura envie de montrer un truc particulier d’Eiffel sous forme de film documentaire.
Nicolas : Il a filmé des concerts mais aussi pleins de moments dans les loges, au resto, dans le bus …
Estelle : Dans des lacs où on se baigne (rires).

ADT : Dans votre nouvel album on remarque l’utilisation systématique de boites à rythmes. Comment cela se passe t-il en live ? Est-ce que l’utilisation en live, des boites à rythmes, laisse une place à l’improvisation ?

Nicolas : Ça dépend des morceaux mais souvent oui. Après on rentre dans l’aspect technique, mais j’utilise Ableton Live, qui est une sorte de sampleur géant qui permet de faire énormément de choses. Donc je peux effectivement faire durer une boucle autant que je veux et ensuite paf envoyer la suivante.
Estelle : Selon si le morceau s’y prête ou pas, il y en a, ils ont vraiment une structure que l’on a pas envie de créer une plage d’impro dedans. Il y en a certains on ne sait pas combien de temps ça va durer, donc en fonction des soirs Nico envoie la suite en live. Ça nous laisse libre à l’intérieur d’un morceau qui a des boucles.
Nicolas : Ça amène une souplesse là ou ça pourrait être très play/stop. Alors c’est le cas sur certains morceaux. En gros je ne trouve pas ça très contraignant.
Estelle : Oui tous les moments où l’on s’est dit ben là il faudrait laisser la possibilité de faire un tour de plus ou un tour de moins. De faire durer, d’arrêter la boucle si les gens ont envie de chanter et puis redémarrer.
ADT : Comme sur “Chaos of myself” par exemple ?
Nicolas : Oui sur la fin de “Chaos of myself” là on peut faire durer trois heures si on veut.
Estelle : “A tout moment la rue”, “Hype”,… tout ça ça peut durer 10 minutes ou comme hier on a joué 3 minutes.

ADT : Comment est-ce que les anciens morceaux ont été ajustés pour cette tournée ?

Nicolas : Est ce qu’on les a retravaillé ?
ADT : Oui.
Nicolas : Certains oui du fait de la présence de Fred, ça a permis de rajouter par exemple du piano aux chansons, il y en a dans l’album mais on ne l’a jamais joué comme ça.
Estelle : Oui il y a quelques trucs que l’on a modifié, il y a une guitare en plus sur “Le Cœur Australie”. Et par moment du coup comme il prend les claviers ça permet à Romain de ne pas jouer de la guitare, d’être plus libre, de bouger plus sur scène. Et il y en aura d’autres, il y en a que l’on doit répéter et il y en a certains que l’on a répété et que l’on ne joue pas vraiment.
ADT : Oui donc vous avez plusieurs morceaux, vous pouvez changer tous les soirs ?
Nicolas : Oui on a je ne sais plus combien de morceaux dans les tiroirs mais on ne les joue pas tous. On peut en inter-changer certains soirs. Mais il y a des morceaux comme “Tu vois loin” qu’on joue de temps en temps, il y a “Bigger Than The Biggest” qu’on joue en alternance avec “Sombre”. On essaie de ne pas faire tout le temps la même set list même si évidemment la plupart des morceaux sont là.
Estelle : Oui puis comme c’est le début de la tournée on joue les nouveaux morceaux de l’album. En priorité ceux qui nous semblent important. On s’était dit qu’après Noël on essayerais d’en rajouter, des anciens morceaux que l’on referait.

ADT : Qu’elle est votre morceaux préféré du nouvel album ?

Nicolas : Moi je dirais peut être “Libre”. Aujourd’hui c’est “Libre” peut être demain ça sera un autre et hier c’était un autre.
Estelle : Moi je dirais la même chose. Mais au début c’était vachement pour moi “Chanson trouée”. Mais il y a une période où on écoute vachement l’album et après en tournée on l’écoute moins donc on est plus dans les morceaux que l’on joue et il y en a certains qu’on joue pas et qui reviendrons après.

ADT : Quels sont les prochains territoires musicaux à explorer pour Eiffel ?

Estelle : Il y en a des milliers si on veut tout explorer (rires).
ADT : Vous avez des pistes pour le futur ?
Nicolas : Non pas encore vraiment.
Estelle : Non mais ce qui est sûr c’est qu’on ne se limitera pas si on a envie d’un truc particulier même si ça paraît un peu saugrenu. Mais effectivement il y a beaucoup de choses à découvrir. Mais on va pas tout d’un coup faire du reggae (rires).
ADT : Oui c’est ce qui est bien avec Eiffel c’est qu’à chaque album c’est différent.
Nicolas : Ben ouais c’est un peu le but. Sinon nous on s’emmerderait je pense si on creusait comme ça toujours le même sillon. Il y en a qui font ça très bien mais je pense que nous ça nous frustrerait.
Estelle : Puis ouais on écoute vachement des choses différentes et du coup selon les périodes ça revient en arrière. Là ça reviens vachement vers les trucs du début en fait. Mais avec des boucles du coup c’est encore différent.

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