Reportages

Published on août 28th, 2013 | by Monsieur T.

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Live Report : Cap Festival 2013

946701_10151844954209175_1241973794_nBoulègue en Lévézou ! Voici le crédo de l’association éponyme. Cela signifie tout simplement « faire bouger le Lévézou » en occitan. Et il faut bien avouer qu’il applique le principe au pied de la lettre. Tous les 3 ans le festival se déplace dans un autre village Aveyronnais. Cette année et pour la deuxième fois consécutive, le festival itinérant pose ses valises à Vibal (16, 17 et 18 août 2013).

Cap sur le Festival !

Avec une programmation éclectique de qualité alliant groupe de renommée internationale, têtes d’affiche et artistes novateurs, la partie musicale du festival est assurée. Côté animation c’est également carton plein : Musée dans le village, animation sur la plage. Ajoutez à tout cela un peu de spectacle de rue et vous avez là un événement multiculturel à un prix correct (pass 2 jours à 32 € en pré-vente ; le dimanche étant gratuit pour tout le monde).

Le site du festival est particulièrement original. La décoration est faite de récupération (CD transformés en boules à facette, bouteilles plastique en guirlandes …), les barques échouées par terre deviennent des bancs à part entière et les 3 scènes de concert sont habilement disposées aux coins opposés du site. Sans être ridicule, le site relativement modeste en taille, a su utiliser la géographie des lieux pour la tirer à son avantage (les arbres se fondent dans le comptoir du bar !)

Live tonight !
Je débute la soirée par Pulcinella. Le jazz n’est pas vraiment ma tasse de thé mais le quartet qui s’approprie aisément la scène découverte met innocemment les festivaliers dans l’ambiance. Une petite mousse plus tard place à la main stage ! La grande scène placée sous le chapiteau (très bonne idée) accueille les anglais de The Jim Jones Revue. Du bon rock’n’roll à l’ancienne avec des musicos au cuir chevelu couvert de gomina, de vrais morceaux de riff de guitare et un pianiste qui n’a même pas le droit à son tabouret. Malgré un larsen redondant et intempestif les rockeurs réussissent à réveiller la fosse qui se remplie doucement. Il faut bien avouer que malgré un son médiocre le chanteur est en pleine forme et son énergie ne tarira pas le long du show.

La suite du programme se déroule de la manière suivante : une fois le concert de la main stage terminé vous avez le choix entre deux concerts : la scène découverte ou le dôme du groupe Sakya. Mon chemin continuera en direction de Sakya. Le dôme est la troisième scène du festival mais il s’agit avant tout du projet « ventilo » du groupe Sakya. Concrètement cette scène couverte circulaire accueille le public en son centre. Les musiciens sont disposés le long des parois du dôme, debout sur une estrade derrière un rideau blanc qui nous permet de les entrevoir. Leur style musical alliant musique expérimentale, dub et rock se plie à merveille avec cette scène si personnelle. Le concept assurément novateur mérite le détour. Le seul bémol est le manque de visibilité du groupe. En cas de forte affluence il est parfois difficile d’apercevoir les membres du groupe, d’autant plus que la machine à fumée déverse généreusement son nuage dans l’enceinte. Déconseillé aux claustrophobes, pour les autres un concert unique où l’on se sent réellement dans la musique.

Retour au chapiteau pour l’un des groupes les plus attendus de la soirée : Punish Yourself. Évidement avec un nom pareil ce n’est pas un groupe de reggae. Je qualifierais leur musique de métal-punk-industriel mais le groupe préfère la dénomination rock’n’roll-électronique ! Punish Yourself c’est bien sûr de la musique en parfaite adhésion avec l’art du pogotage mais c’est aussi un show. Et des idées ils en ont nos Toulousains ! Intro du spectacle, les membres du groupe débarquent maquillés en zombies fidèles à leurs habitudes. Puis la lumière s’éteint, se rallume pour enfin clignoter tel un stroboscope pour nous dévoiler leur véritable apparence. Nos zombies s’illuminent sur scène avec leur maquillage phosphorescent. Les lasers verts tels des barreaux se placent sur le devant de la scène. Les Punish Yourself lancés, plus rien ne peut les arrêter et le concert file à 200 à l’heure. Les musiques s’enchaînent parfois avec la présence d’un membre supplémentaire. Ce dernier est là pour faire le show (encore et toujours !), bâtons de flammes, pris au piège dans un filet ou encore tentant de couper la tête de la guitariste avec sa meuleuse. Effet scénique garanti !

Il est temps maintenant de se poser et une fois de plus le choix est au rendez-vous. Sakya refait le show dans son dôme et c’est maintenant le duo PTB avec ses reprises décalées (Smell Like Teen Spirit entre autre) qui anime la scène découverte.
Enfin la soirée se termine avec le duo Tambour battants. Le premier s’occupe du mix en direct tandis que son comparse tape tel un fou sur sa batterie électronique. Leur set débute à 2h du matin mais ces derniers ne sont pas en reste. Un mélange explosif de rock et d’électro !

Samedi matin :
Cap Festival c’est avant tout un festival de musique mais c’est aussi un lieu de repos. La preuve avec son lac. Un havre de paix où l’on peut passer l’après-midi à récupérer d’une soirée concert digne de ce nom. Au choix, farniente à l’ombre, ou pour les autres concerts de variété près du bar, sieste contée, initiation au Dragon Boat…

Samedi soir :
Une programmation grand public pour ce deuxième jour. La tête d’affiche du jour (et du festival) c’est bien sur Sanseverino. Actuellement en tournée bluesgrass, l’artiste a poussé le concept jusqu’au bout. Jugez par vous-même : pas de batterie, encore moins de clavier et bien sur réverb’ interdite ! Par contre au menu : guitare, banjo, mandoline, violon et contrebasse. Le chapiteau plein à craquer, Sanseverino assure le spectacle dans la bonne humeur. Entre musique aux accents manouches et intermède comique à savourer, le chanteur au débit mitraillette fait le bonheur des gens ici présents.

La programmation du soir est pour le moins éclectique puisqu’il y avait également sur la main stage le rappeur Blitz the Ambassador. Un rap convaincant avec pas de mal de cuivre dans la musique, ce qui permet d’assez bien originaliser le genre. L’égo du rappeur me laisse quand même perplexe …

Heureusement la programmation est large en choix ! Outre le retour de Sakya (quitte à monter un dôme autant en profiter un maximum !), la partie comique de la soirée est assurée par Monsieur Tristan. Un concert/spectacle/comique où l’on ressent fortement l’influence « Didier Super ». Dur d’égaler le maître du je-m’en-foutisme mais Monsieur Tristan aura au moins le mérite d’essayer.

La pépite de la soirée qu’il fallait voir ce soir c’était HEYMOONSHAKER ! Dur de les rater puisqu’ils ont tout simplement joué deux fois ce soir. Certes sur la scène découverte, mais deux shows complètement différents ! Déjà vus sur la scène off du Cahors Blues Festival, c’est un plaisir de les retrouver ici. Ces deux gars là ne devraient pas tarder à décrocher les grandes scènes, affaire à suivre. Alors Heymoonshaker what is it ? Tout simplement le premier duo Beat-box/Blues du monde. Dave Crowe est l’homme à la beat-box, véritable boite à rythme humaine avec le charisme en plus. Capable de faire sonner son organe tel de la dubstep, le bonhomme est également un maître dans le maniement de l’harmonica (malheureusement absent ce soir). L’autre figure du duo se nomme Andrew Balcon. Guitare blues et chant arraché, il est l’âme du groupe, celui qui vous fera hérisser le poil par son chant déchiré toujours à la limite de la rupture. Mais si Mr Balcon est l’âme, Mr Crowe est véritablement le cœur de Heymoonshaker. Celui qui fera bouger, là où un batteur est obligé de rester assis. Lui dompte la scène de toute sa puissance, n’hésitant pas à s’avancer puis à partir en « battle » avec son acolyte. Leur jeu de scène est terriblement envoûtant. Heymoonshaker, retenez bien leur nom.

Première venue pour moi à ce Cap Festival et au final beaucoup de points positifs : village charmant, lac très reposant (et rafraîchissant), animations sympathiques, lieu du festival original et bien décoré, trois scènes (donc pas de temps morts), programmation éclectique, dimanche gratuit et surtout très bonne ambiance pour un petit festival où l’on se sent bien !

Dans un an ce sera les vingt ans du festival. Cette vingtième édition sera encore à Vibal avant de changer de lieu. Cap Festival est un événement itinérant, souvenez-vous, alors ne ratez pas ce lieu surprenant !

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