L’Ombre du 8 – Au delà sont les récifs | L'Appel Des Tympans

Chroniques

Published on avril 29th, 2014 | by Monsieur T.

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L’Ombre du 8 – Au delà sont les récifs

cover ombre du 8À l’heure où les groupes sont en quête de toujours plus d’innovation, d’expérimentation, de fusion dub step, hip hop, électro et tutti quanti, L’Ombre du 8 nous délivre ici un rock sombre, habité, le tout en français s’il vous plaît.

Suite à leur participation au tremplin TNT Festival, le trio Lyonnais à eu la chance d’enregistrer son premier album. Fraîchement disponible depuis le 1 avril 2014, il était temps que je vous en parle. Dès la première piste, pas d’erreur, nous avons à faire à du rock, du vrai. La formation se trouve être ici réduit à l’essentiel, deux guitares et une batterie. Point de basse dans le trio, mais le manque ne se fait nullement sentir tant la Telecaster envoie un son grave, qui nous pénètre de part en part. La deuxième guitare balance des envolées et crée une véritable ambiance. Le chant enfin est ici en français. Inutile de vous mentir, il est fort appréciable d’entendre un groupe chanter dans sa langue natale, qui plus est quand la qualité est au rendez-vous. Loic Yvars est habité par sa musique et cela se ressent tant dans sa voix chaleureuse que dans ses textes d’une noirceur toujours tangible. L’imaginaire du chanteur, tel un Jim Morrison dans une version Dark, nous conte ses idées noires. La pesanteur“, titre évolutif, finit par des hurlements primaires qui collent à la peau. Dans le même registre, “L‘oragecommence calmement avant d’accélérer le tempo, pour enfin décoller tel un éclair et basculer dans une folie tant musicale que vocale. Car les qualités du groupe ne se résument pas au chanteur. Lionel Rimbert à la batterie tient la rythmique à lui tout seul, juste et efficace. Tout se tient, tout est en place, point barre. La guitare aérienne de Vincent Hennequin est la véritable colonne vertébrale du groupe. C’est lui qui crée le lien entre les deux autres hommes du trio. Lui qui est en charge d’harmoniser le tout à grand coup de slide de guitare, usant et abusant du bottleneck, comme sur Le Désert, titre lourd à l’ambiance brûlante, avec un solo digne d’une crise d’épilepsie brève mais intense. Peu de véritables ballades sur le disque. Cependant, “À l’essentiel (deuxième piste du LP) pourrait presque si apparenter. Un titre à l’ambiance apaisante et calme avec son refrain hypnotique mais attention… avec L’Ombre du 8 la fureur n’est jamais loin et bien entendu les guitares finissent par se déchaîner tout comme les propos du chanteur « C’est toujours marche ou crève ». Souvent imagé dans ses propos, L’Ombre du 8 préfère privilégier l’ambiance, et bien que les textes véhiculent de fortes images, même le texte le plus engagé (ndlr : Transatlantique) laisse la porte ouverte à de multiples interprétations. Difficile de trouver un titre qui pourrait faire office de single dans ces douze titres, mais « Oriental Express » reste tout de même l’un des plus immersifs, sans toutefois jamais céder à la facilité.

Loin d’un rock simpliste, L’ombre du 8 est loin de la formule refrain/couplet/refrain. Ici tout est remis en question pour nous plonger dans des titres évolutifs passant de la ballade à un rock progressif. C’est l’image d’un rock sombre dans toute sa noblesse qui nous est offert ici. Riffs puissants, solos de guitare inspirés et un chant toujours habité. Attention ce disque mérite plusieurs écoutes pour l’apprécier pleinement mais si vous êtes amateur d’une certaine idée d’un rock intransigeant ce disque est clairement pour vous.

Artiste : L’ombre du 8
Album : Au-delà sont les récifs
Date de sortie : 1 avril 2010
Style : Rock maudit
Note : 7,5/10

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