Merzhin – Des heures à la seconde | L'Appel Des Tympans

Chroniques

Published on mars 12th, 2014 | by Monsieur T.

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Merzhin – Des heures à la seconde

DSC0172-retouchJe n’avais pas écouté du Merzhin depuis un temps lointain. Alors, quelle ne fut pas ma surprise à l’écoute de ce nouveau disque. Moi qui en était resté à un rock festif aux influences Bretonnes, un peu dans la lignée de Matmatah à leurs débuts, j’ai assurément dû revoir ma vision.
La bande à Merlin a changé ! En plus de quinze ans de carrière et déjà six albums studio au compteur, le groupe a évolué vers un registre rock français. À mi-chemin entre Deportivo et Luke, mais tout en conservant leur sonorité atypique avec l’emploi d’instruments traditionnels tel que la bombarde (instrument à vent de la famille des hautbois ; breton) mais aussi avec de la trompette et de la clarinette.

Des heures à la seconde
Le temps qui passe est le fil rouge de ce disque. Je serais même tenté de dire qu’il s’agit là d’une véritable obsession de la part du chanteur Pierre Le Bourdonnec. Il est peut-être temps pour lui de faire le point ? Quoi qu’il en soit le sujet est abordé dans la majorité de ses textes.
Tout d’abord dans le classique mais efficace “Je suis l’homme” qui nous fait le bilan d’une vie d’homme. Puis sur la ballade très prenante de “Bande passante” où notre conteur retrace la vie du groupe « On n’a plus vingt ans ni même trente assurément », on y ressent ici une pointe de tristesse sur cette vie qui passe trop vite « On court d’une rive à l’autre ».
Je continue mon inventaire des ballades qui sont à l’honneur sur ce LP. “Les Heures vagabondes” ne change pas de registre, « L’aiguille du temps, minutes et heures s’affolent au son du gong ». La piste se finit par une magnifique session de clarinette qui apporte indéniablement sa touche de charme au titre.
Avec ces 5 min 30, “Après l’écho” est la piste la plus longue de ces douze titres. La voix murmurée nous plonge dans la noirceur de sa mélancolie avant de rester en retrait pour laisser la part belle à la partie instrumentale qui n’est pas en reste : la guitare avec son delay magnifiant l’arpège, la bombarde à l’aspect menaçant qui apparaît à mi-chemin pour enfin que le tout nous hypnotise pendant quelques minutes.

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Mais Merzhin c’est évidemment du rock. Et bien que l’influence bretonne des débuts se soit aseptisée, le côté rock est présent pour le meilleur. Tout d’abord avec le premier single que j’évoquais plus haut “Je suis l’homme”. Le titre rock français classique par excellence. Basse guitare voix à l’honneur, avec une légère pointe de sonorité électro (bien à la mode) qui s’imprègne étonnamment assez bien au reste.
“Dans ma peau” est quant à lui un hommage au film des frères Cohen The Big Lebowski. La folie du Duc, le héros du long métrage, est le sujet de la chanson. Le côté électro est ici plus présent et la guitare électrique nous livre un solo prenant qui devrait faire son affaire en concert.
Sur une batterie tenant un rythme soutenu, la voix de Pierre amorce la chanson avant de fondre pour laisser apparaître celle de sa comparse, Manu. La voix unique de la chanteuse de l’ancien groupe Dolly nous donne notre quota de frisson et c’est un réel plaisir de la retrouver sur “L’éclaireur” dans un registre rock qu’elle avait quelque peu délaissé ces derniers temps.
“Welcome circus” nous ressort le côté festif mais très rock du groupe. Refrain en anglais pour fédérer le public, les couplets sont heureusement en français, quoi qu’il en soit le chant est ici plus poussé que sur le reste du disque. On appréciera aussi les cuivres présents qui encore une fois (je me répète) souligne l’ambiance festive de la bande. “Ligne d’horizon” commence telle l’une de leur ballade puis « avance jusqu’à l’ivresse ». En moins de trois minutes
“Ligne d’horizon” passe de la ballade au rock avec une facilité déconcertante. Sûrement conçu pour leur tournée à venir. Les chœurs sur le refrain et les claquements des mains motiveront les foules à n’en pas douter.
“La raison” tente de nous la faire perdre avec ses voix doublées qui se mêlent entre elles sur le refrain. Des expérimentations qui renouvellent la formule avec efficacité.
La dernière piste du disque se trouve être “Les indignés”. Autre titre électro rock, pas mauvais mais pas non plus indispensable. Qui plus est, la piste se trouve mal placée dans la setlist puisqu’elle est simplement située après la majestueuse ballade “Après l’écho”, qui aurai dû (à mon sens) clôturer l’album.

Au final Merzhin nous livre un disque de rock français de bonne qualité. Si les tubes en puissance tels que “Je suis l’homme” ou l’excellent duo avec Manu “L’éclaireur” font le job avec classe, ma préférence ira vers d’autres horizons comme sur le psyché “La raison” ou la ballade “Après l’écho” qui avec son instrumental final nous emporte très loin. Alors oui le temps passe pour Merzhin et les bretons nous montrent ici que rien n’est figé. Mais avec un disque de la qualité de “Des heures à la seconde” nos comparses peuvent voir l’avenir avec sérénité. À bientôt (sur la route).

Pour plus d’infos sur Merzhin : http://www.merzhin.net/
Pour voir le 1er clip de leur album : “Je suis l’homme”

Artiste : Merzhin
Album : Des heures à la seconde
Date de sortie : 3 mars 2014
Style : Rock français avec mistral breton aseptisé
Note : 7,5/10

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