Interviews

Published on septembre 30th, 2014 | by Monsieur T.

1

Rencontre avec Niko de Tagada Jones (Xtreme Fest 2014)

A l’occasion de l’Xtreme Fest (03/08/14), l’Appel des Tympans a rencontré Niko (chant/guitare) du groupe de punk Tagada Jones.

Appel des Tympans : Salut Niko, il paraît que tu es là depuis plusieurs jours sur le festival ?6 Tagada Jones (3)
Niko : C’est vrai !
ADT : Qu’est-ce que tu as aimé et quel est ton ressenti sur l’Xtreme Fest ?
Niko : Tout d’abord je trouve ça hyper bien quand il y a un nouveau festival qui sort du lot sur les musiques dures, parce qu’il n’y en a pas assez. C’est quand même une bonne ambiance, c’était cool, plein de bons groupes. Le seul truc que l’on peut un peu reprocher, c’est le son, dans tous ses parcs exposition c’est toujours un peu compliqué. C’est vrai que dans la grande salle le son n’est pas extraordinaire. Mais sinon c’est quand même super cool, c’est encourageant, faut espérer qu’il y ait de plus en plus de gens à se déplacer. Ici c’est une région qui est un peu plus compliquée que la nôtre. Tu fais la même chose dans le grand Ouest, tu as trois fois plus de monde, je pense tout simplement. C’est un bon début et surtout c’est cool que ça existe.

ADT : J’ai envie de parler un peu de ton dernier album. Pour les vingt ans de Tagada Jones, tu n’as pas fait les choses à moitié, sur le dernier album “Dissident” il y a un grand nombre de featuring : Reuno (Lofofora), Stephane Buriez (Loudblast), il y a même Guizmo (Tryo). Est-ce que tu arrives à les inviter régulièrement pour faire les duos sur scène ?
Niko : Oui c’est vrai que cela arrive très souvent. Tout simplement dès que l’on joue sur les mêmes festochs ou alors quand on va jouer sur Paris. Parce que les trois-quarts sont à Paris, à part Guizmo. Du coup ils viennent chanter avec nous. C’est vrai que l’on en a fait beaucoup et il y a eu beaucoup de dates où ils sont venus avec nous. Comme on dit, c’est l’occasion qui fait le larron ! En fait à chaque fois qu’ils sont là on fait le morceau. C’est aussi simple que ça.

ADT : Quels sont les titres du dernier album que tu préfères jouer en live ? Est-ce qu’il y a des morceaux qui reviennent plus régulièrement ?
Niko : Oui bien sûr, je pense que sur les vingt titres on a quand même dû en jouer dix-sept déjà. Ce qui est quand même pas mal. On fait tourner. Au bout de deux-trois mois, on a déjà inversé quelques morceaux. Non pas parce qu’on était pas content des morceaux, mais plus pour changer la setlist et puis jouer d’autres morceaux. L’avantage aussi c’est qu’on essaie un peu d’adapter maintenant nos setlists à l’endroit où on va jouer. On a la chance avec Tagada de jouer sur des scènes extrêmement métal, on fait tous les festochs métal comme un groupe de métal alors qu’on est pas un groupe de métal. On peut jouer aussi sur les festochs punk et on joue aussi sur un réseau punk-français/rock-français en fait si tu veux. Chanson française même quasiment ! Le fait de chanter en français ça nous ouvre d’autres portes sur les festochs, donc en fait on adapte un peu en fonction de l’endroit où on va jouer et ça nous permet de changer la setlist, ce qui est bien. On fait tellement de concerts, cette année on va dépasser les cent concerts et des fois il y a des gens qui sont archi fan et qui viennent te voir trente, quarante, cinquante fois sur les cent concerts. Rien que pour eux c’est sympa de changer la setlist.

ADT : Tagada Jones a fait une reprise de Jouer avec le feu des Sheriff, ces derniers jouant la veille, est-ce que cela peut s’inclure aujourd’hui ?
Niko : euh … aujourd’hui sur le fait de jouer le morceau ?
ADT : Oui.
Niko : Aujourd’hui comme on ne joue que 45 minutes, on ne va pas faire de reprise. On commence à faire des reprises quand on joue un set normal en salle, 1h30 à peu près. Là c’est sûr que non, mais on la joue des fois en salle. C’est vrai que pour parler des Sheriff, ça fait partie des groupes qui nous ont un peu bercés. Nous si on a commencé à faire de la zik au milieu des années 90, c’est grâce à des groupes comme ça, tous les groupes alterno : Sheriff, Parabellum, Beru, Wampas, Mano Negra … c’est quand même la culture de base du groupe qui est très rock français à la base. Ça fait toujours plaisir de voir des groupes qui remontent sur scène. On avait joué avec eux au tout début du groupe (ndlr : de Tagada Jones), quasiment quand ils ont splitté en 98-99 je pense. Et là on refait pas mal de dates avec eux, ils n’en font pas tant que ça pourtant. Cette année ils n’en font que six ou sept. On fait cinq concerts avec eux sur les six ou sept. On les a déjà vus plusieurs fois, il y a 15 jours on jouait avec eux aussi. C’est marrant on a bien sympathisé, mais il y a deux mecs qu’on connaît très bien dans le groupe. Le guitariste est de Rennes donc on le connaît très très bien. Et puis l’ancien batteur qui est maintenant à la basse et là on a eu l’occasion de rediscuter, notamment avec le chanteur avec qui on avait pas trop discuté. J’ai passé une heure et demie au dernier festival avec lui. C’est marrant, c’est une grande famille la musique.

artworkADT : Sur le nouvel album, il y a une pochette que j’ai particulièrement adorée. Qui a lancé l’idée du visuel de l’artwork ?
Niko : On a bossé avec Mathieu Ezan qui a fait la pochette. Qui est photographe. On avait déjà fait les sessions photos de presse avec lui sur l’album précédent il y a 4 ans. Là on avait un projet un peu plus conséquent. Donc on a fait des photos de presses, des photos pour le disque et à un moment… je ne sais pas comment il a lancé cette idée-là… il nous a montré un photomontage qu’il avait fait avec deux visages qui n’en faisait plus qu’un et c’est là qu’on s’est dit ça serait génial, mais pourquoi pas mettre les quatre. Au début on était parti sur les quatre en bande… ça marchait pas trop et il nous a dit on peut essayer de faire un quart de chaque. On a fait l’essai et ça hyper bien fonctionné.

ADT : Sur Facebook, j’ai vu que le nouveau clip allait sortir bientôt, mais le bientôt tarde un peu…
Niko : Il est prêt, le clip est terminé. Sauf que tu sais toutes les structures indé, comme nous… on utilise toujours des plans B, pour ne pas payer trop cher. La vidéo ça peut ne rien coûter et en même temps quand tu veux que ça ait un peu de la gueule, il y a des choses à faire qui coûtent un peu d’argent et notamment l’étalonnage vidéo. C’est des choses qu’on ne fait quasi jamais sur nos clips. Et là on a l’occasion sur celui-là de faire un vrai étalonnage vidéo, par un vrai étalonneur qui fait que ça, un gros studio et lui du coup il nous a dit je vous propose ça sauf que … c’était pas possible pendant les vacances. Du 15 juillet au 15 août c’était pas possible, or on a fini le montage après le 15 juillet et l’étalonnage va se faire le 18 août donc on attendra sûrement la fin de l’été pour le sortir pour que les gens soit tous rentrés chez eux (ndlr : le clip fut finalement mis en ligne le 29 août 2014). Si à la base tout s’était bien passé il serait sorti au tout début de l’été. Il sortira vraisemblablement fin août début septembre et il y a un autre clip qu’on a tourné à Marseille en venant ici. Qui sortira sûrement un peu après en octobre sur le morceau Dissident.

ADT : Ça fait pas mal de clips sur le nouvel album !
Niko : Et on a encore un autre projet de clip avec Loran (ndlr : guitariste des Bérurier Noir, Loran a participé au dernier album de Tagada Jones) qui veut absolument faire un clip sur le morceau Karim & Juliette. Donc je pense qu’on en fera un aussi à la fin de l’année.
ADT : Plein de projets !
Niko : Je pense que c’est ça l’avantage, la vidéo s’est très démocratisé. Nous ça fait vingt ans qu’on joue, quand on a commencé des clips c’était quasi impossible. Ça coûtait hyper cher, c’était très compliqué. Maintenant c’est quand même beaucoup plus facile de faire des clips donc on essaie d’en profiter et d’en faire profiter les gens. Ils aiment bien, nous aussi, c’est cool.
ADT : Pour relayer la musique c’est l’idéal.
Niko : Je trouve que c’est un outil, si tu veux on est tous des groupes indé et l’outil principal des groupes indé c’est quand même Internet. Tu peux poster tes clips, les gens vont les voir, plus besoin des gros médias pour ça. Même si on peut considérer que Youtube maintenant ça devient un gros média quelque part, mais au moins tu peux poster ce que tu veux et les gens peuvent regarder, avec un peu de pub pour l’instant…
6 Tagada Jones (4)

ADT : Après le Bal des enragés, puis un festival avec tous vos potes pour vos vingt ans, un nouvel album bien garni et enfin une date au Hellfest, quel sera le prochain gros événement pour Tagada Jones ?
Niko : euh… écoute on sait pas trop… on discutait de refaire le festoch des vingt ans l’année prochaine à la même période « On a plus vingt ans »
ADT : Ça serait cool !
Niko : Mais à un autre endroit, parce que voilà on se dit quand même c’est sympa … on est pas lié forcement à une région. On essaie de regarder. Dans l’Est il y a une salle qui pourrait convenir et tout mais finalement je pense que ça va être compliqué de le faire. Nous on a pas envie de faire ça et que ça soit pas des copains qu’on invite, sinon on fait un festival avec Rage tour mais qui n’a rien à voir avec Tagada . Et pour avoir un petit peu pris la température auprès de tous les potes c’est compliqué, y en a qui jouent déjà juste à côté. Tu vois un mois avant, d’autre un mois après, tout le monde sort son album, donc pour l’instant c’est un peu en stand-by. En gros on va continuer à tourner tout 2015. On a déjà énormément de dates qui se profilent, pas mal à l’étranger surtout sur 2015 et vraisemblablement ça sera le retour du Bal des enragés en 2016. À mon avis ça sera ça le planning.
ADT : Le retour du Bal des enragés est très attendu !
Niko : Ouais, je pense que les gens ont bien aimé le concept. C’est un truc qu’on a lancé, dès le départ on voulait pas trop communiquer sur le nom des groupes qui étaient dedans, pour que les gens comprennent que c’était le Bal des enragés et voient ça comme l’entité du Bal des enragés et pas comme un concert de Tagada, Lofo, Para …. Et voilà. Du coup ça a mis un peu de temps avant de tourner, le nom, les gens comprenaient pas trop ce que c’était et les premières tournées c’était pas aussi bien que les dernières, en terme de remplissage. Or les dernières ça a vraiment commencé à prendre, les gens sont très demandeurs, mais ça doit rester un truc un peu exceptionnel que l’on fait une fois tous les deux, trois ans. Pour que ça reste la folie, le fête, comme ce qu’on a créé au début et voilà on essaie d’être les gardiens de cet état d’esprit, donc ça restera comme ça tous les deux, trois ans, six mois de tournée. Par contre c’est déglingo pendant six mois !

6 Tagada Jones (6)

ADT : Le mot de la fin : qu’est-ce que tu vas aller voir aujourd’hui comme concert ?
Niko : Je pense qu’il y a pas mal de groupes que l’on connaît bien et qui ont joué assez souvent et que l’on va revoir avec plaisir. Tu vois je pense aux Biohazard, les Sick of it all… Benighted j’irais voir aussi parce que c’est marrant, moi j’ai monté une tournée avec Loudblast mais j’ai pas eu l’occasion de les voir donc j’irai… Et puis Raised fist, on a très souvent fait des tournées ou on était en même temps dans les pays et on a jamais joué ensemble. Dès qu’on va jouer à l’étranger, il y a une interview sur trois où le mec me dit «  Ouais c’est marrant, il y a un gros rapport entre ta voix et celle du chanteur de Raised fist ». C’est hyper souvent qu’on me dit ça. ççaet donc voilà j’irai voir parce qu’on les a jamais vu.

Merci à Niko de Tagada Jones pour cette rencontre. Ci-dessous quelques liens que je vous invite à consulter :
Site web de l’Xtreme Fest
Site web de Tagada Jones
Chronique de l’album “Dissident” de Tagada Jones par l’Appel des Tympans

Tags: , ,


About the Author



One Response to Rencontre avec Niko de Tagada Jones (Xtreme Fest 2014)

  1. Pingback: Le bal des enragés Xtreme Fest Before Party - 21 Avril 2016 au Metronum - L'Appel Des Tympans

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour plus d'infos.