Interviews

Published on octobre 30th, 2013 | by Milo

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Rencontre avec Pégase

Jeudi 10 octobre, dans le cadre de la semaine étudiante, Les Docks de Cahors ont organisé un inter plateau avec trois groupes. C’est autour d’une bière que j’ai pu, en fin de journée, rencontrer Raphaël initiateur du projet Pégase. J’en ai profité pour lui poser quelques questions.

ADT : Peux tu, en quelques mots, nous présenter Pégase ?

Raphaël : Pégase c’est un projet assez personnel, car c’est un projet solo. C’est un projet que j’ai démarré il y a quelques années en fait, en 2008. J’ai démarré ça un peu tout seul chez moi et assez rapidement j’ai mis quelques démos sur internet. Mais c’était plus pour partager avec mes potes  “tiens écoute mon myspace”… Et j’ai été assez étonné : y’a un truc qui m’a un peu dépassé à l’époque, il y a eu un espèce d’engouement, bizarrement pas trop en France mais pas mal sur la blogosphère américaine et c’était vraiment assez cool. J’entendais des mecs parler genre de nouveau style de musique. Genre Dreamwave, un truc je ne savais même pas ce que ça voulait dire, mais apparemment c’était un courant qui était en devenir, et ils trouvaient que cette musique là pouvait porter ce nom là. Du coup plutôt que de me lancer dedans tête baissée sans réfléchir, j’ai pas voulu trop surfer sur le truc, je me suis dit :  “c’est un projet solo, j’ai envie de prendre mon temps il n’y a rien qui presse . On est pas toute une équipe”…
Du coup j’ai pris mon temps, j’ai pas mal composé, j’ai beaucoup expérimenté et j’ai essayé de faire les choses bien. J’avais aussi envie de tout de suite voir ce que ça pouvait donner en live ,car c’est vrai que quand tu es tout seul tu te dis : “ben je vais pas me retrouver tout seul sur une scène ça va faire homme orchestre !”
C’est un projet où il y a de la guitare, de la batterie, donc je ne pouvais pas vraiment le retranscrire seul avec des machines. Et j’ai la chance, au sein de mon label, de côtoyer des musiciens qui se sont proposés. On a commencé à répéter. Tout ça sans forcément trop d’ambition, juste essayer de voir où le truc pouvait aller. Et puis j’ai finalement décidé de sortir un premier EP deux titres qui finalement avait pour but de revenir à des choses assez pures : guitare, basse, batterie, clavier. Un truc assez minimaliste. C’était un peu l’idée de repartir sur une base assez simple et d’être plus dans la composition, un truc épuré. Mais j’ai aussi voulu travailler une esthétique autour du projet avec des vidéos. J’essaie d’amener quelque chose aux gens qui soit un peu plus que juste ce que j’avais fait avant, c’est à dire juste des démos.
J’ai mis pas mal de temps finalement car j’ai mis 4 ans avant de sortir mon premier EP.

ADT : En parlant vidéo, dans le Clip de Dreaming Legend tu as utilisé des images où apparait ton père, peux tu nous en dire un peu plus sur cette idée ? C’est un truc qui te tenait à coeur ? C’est venu comment ?

Raphaël : En fait c’est venu assez spontanément. C’est un peu ma manière de faire, j’aime bien quand les choses sont évidentes. En fait c’est assez bizarre, j’ai découvert très tardivement ces images. Mon père m’avait souvent raconté, qu’à l’époque il était pion dans un lycée, il avait sympathisé avec un des profs passionné de cinéma. Mon père était lui, un passionné de musique. Je crois qu’au début il l’avait plutôt sollicité pour écrire des chansons pour ses courts métrages. Et très vite c’est allé un peu plus loin, il l’a mis en scène, et c’était vraiment ce courant de cinéma un peu engagé, un peu social qui ne se fait plus trop en fait. C’était vraiment la bande de potes qui dégotaient une vieille caméra et qui allaient en Ardèche pendant trois jours et qui filmaient des images un peu engagées. Mais en même  temps avec un peu un coté psychédélique et avec des voix off et des choses qui essayent de dénoncer des trucs. J’avais souvent entendu parlé de ces films et je ne les avais pas vus parce que c’était des films sur bandes qui étaient probablement perdus.
Mon père était resté en contact avec cet ami et ces deux personnes qui avaient réalisé le film que j’ai utilisé, parce qu’il y en a eu d’autres. Pour les 50 ans de mon père, cet ami lui a numérisé les films et les lui a offert . J’ai vu ces images et ça ma vachement plu. Surtout que c’était assez étrange : quand je les ai découvertes, mon père avait exactement le même âge dessus que j’ai aujourd’hui, il y avait vraiment un effet miroir. J’avais l’impression de me regarder dans les années 70, c’était un truc complètement dingue.
Ce qui c’est passé après fut un peu le fruit du hasard. J’avais copié ces fichiers sur mon ordinateur mais  les avais un peu perdus. Je venais de finir Dreaming legend et j’étais en train de chercher un fichier vidéo tout en écoutant ma chanson et je tombe sur les fichiers, je les ouvre et je me dis super ! c’est le court métrage de mon père que je ne  trouvait plus. Et du coup j’avais la musique qui tournait sur mes enceintes et je tombe sur cette vidéo. Et il y avait une espèce de cohérence, j’avais l’impression vraiment d’avoir composé la musique pour l’image alors qu’à la base ce n’était pas le cas. Du coup j’ai tout fait dans le dos de mon père. Ce qui est drôle c’est que dans les réa il y avait le cousin de Jean Pierre Jeunet, ce qui m’a valu une chronique dans télérama pour le clip. J’ai fait une réinterprétation du court métrage : le sens de la vidéo est le même mais en plus condensé.
Au début j’en ai pas trop parlé : j’ai un peu laissé planer le doute car il y avait une sacré ressemblance. Et j’ai lu des blogs américains qui présentaient mon clip comme filmé avec des caméras vintages où l’on me voyait. Alors que rien avait été dit, ils s’imaginaient juste que j’avais réussi à récupérer du vieux matos et que l’on avait fait juste un clip vintage.

ADT : J’ai vu que tu a été présent sur une compile des inrocks, tu a fait les inrock labs, les transmusicales. Tu as fait une bande son pour un court métrage “Après l’enfer“, on peut donc dire que Pégase est un projet qui a beaucoup d’avenir ?

Raphaël : ben ça je suis vraiment mal placé pour en parler. Je sais pas du tout.

ADT : Mais toi tu le sens comment ?

Raphaël : Moi ce n’est pas le genre de question que vraiment je me pose. Parce que quand tu te poses ce genre de question, soit tu vas te mettre dans un pessimisme et c’est mauvais je trouve. Soit tu vas être plein d’entrain et tu risques d’être déçu. Le but est juste d’essayer de faire des choses bien. Après, ça appartient aux gens, c’est eux qui décident. Je suis super content quand des médias et des festivals m’invitent mais je ne fais pas de la musique pour les médias et les festivals, je fais de la musique pour n’importe qui a envie de l’écouter. Je suis content et j’espère que ça continuera.
Ce n’est que de la musique et puis même si finalement ça n’a pas d’avenir je continuerai de faire de la musique. Mais j’essaye de vraiment le faire à fond.

ADT : Tous tes textes sont en anglais, il y a t il une raison particulière à cela ?

Raphaël : En fait j’ai plusieurs raisons. Déjà j’ai une très mauvaise culture de la musique française : j’en ai pas beaucoup écouté et ce que j’ai écouté, à par quelques exceptions ce n’était pas super. Et j’ai écouté beaucoup de musiques en anglais et ça a été hyper naturel pour moi, le chant c’était en anglais. Mais c’est un truc que j’aimerais bien faire éventuellement. Mais par contre, aujourd’hui avec les moyens que l’on a, on peut vraiment partager sa musique un peu partout dans le monde et quand tu chantes en anglais ben ça a beaucoup plus d’impact. C’est pas que je fais de la musique pour les américains ou les anglais car je fais aussi de la musique pour les pays de l’est, pour l’Asie, pour l’Europe, pour tout le monde en fait. Si là on peut parler d’ambition, c’est un projet que j’aimerais bien qu’il puisse plaire partout dans le monde et qui puisse nous faire voyager. Je pense que c’est ça qui est intéressant dans le fait de chanter en anglais.

Pour en savoir plus sur Pégase :
soundcloud.com/pegase
pegase.bandcamp.com
facebook.com/pegase.fb

On vous laisse avec un dernier clip et n’oubliez pas de vous abonner à notre page facebook pour rester informés de nos prochains articles.

 

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