Reportages

Published on avril 22nd, 2017 | by Milo

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Roadburn 2017 – Jour 2 – Devil is Fucked

Réveil en douceur à la maison, premier festival dans des conditions pareilles et ce n’est pas désagréable de commencer une journée de fest après une bonne douche et surtout un grand café.

Arrivés en avance pour Magma, la Mainstage n’est pas ouverte et nous devons faire la queue pour rentrer. D’ailleurs en parlant de ça, c’est bien la première fois que nous voyons un festival où le public fait la queue bien sagement avant de rentrer dans une salle. La musique déstructurée accompagne le chant incantateur d’Hervé Aknin. Après avoir assisté à la messe sataniste de Coven, aujourd’hui nous nous retrouvons confrontés à l’univers insolite du “Zeuhl”, le style musical inventé par Christian Vander et caractérisé entre autre par des chants d’un langage propre. À nouveau au premier rang, nous avons pu profiter d’un son exceptionnel : chaque instrument présent sur scène est audible et chaque voix est correctement posée. Avec un xylophone dynamique et rebondissant, des instruments et des voix intenses, une ambiance très particulière, parfois presque mystique, règne ici. Certains passages très jazzy ou rock-progressif percent la structure de manière régulière et introduisent des dynamiques différentes, ce qui nous captive d’autant plus !

Nous partons ensuite vers la Green Room pour True Widow, la salle est blindée, impossible de rentrer ou de voir quoique ce soit au balcon. Le son lourd et hypnotique qui s’en dégage nous fait amèrement regretter de ne pas avoir anticiper notre venue dans cette salle bien petite en comparaison de la Mainstage. Nous changeons donc nos plans et colonisons alors l’Extase, une scène encore plus réduite située à l’arrière salle d’un bar à proximité afin de profiter de Ruby The Hatchet. C’est la première venue en Europe pour le groupe de heavy psyché. La chanteuse est à l’aise et séduit son public tant par sa voix que par ses ondulations. Bien entendu cette salle, très intimiste, sera remplie en quelques minutes. On notera un claviériste déchainé ajoutant une petite touche déjantée et très appréciable au groupe.

Arrivé à mi-festival nous pouvons déjà établir un premier bilan des salles. Le complexe O13 comporte la Mainstage et la Green room. Les deux sont d’excellentes qualité sonore et très bien agencées au niveau des bars, des accès et des toilettes. Si la Mainstage ne présente aucun problème de remplissage, ce n’est pas le cas des autres scènes et en particulier de la Green Room ce qui nous oblige à anticiper nos concerts dans cette salle (en fait comme dans toutes les autres salles). La Het Patronaat (l’ancienne église) est également prise d’assaut pour la moitié des concerts. Enfin les deux dernières salles : l’Extase et le Cul de sac, situées dans des bars, sont elles aussi complètes en un temps record.

Direction Big Business à la Green Room pour un duo basse-batterie. Une guitare ??? Pourquoi faire ? Le batteur est une machine et la basse est bien groovy. Le groupe nous fait voyager entre ambiance stoner et rock’n’roll. Un duo bien gras et complice aux rythmiques atypiques. Un concert énergique pour se manger une bonne big buche dans la tronche ! Le plus : gare à celui qui voudrait partir avant, la fin il se ferait remettre en place par le chanteur !

Arrivés pendant les balances pour Zu, nous nous découvrons un mec qui fait trembler les murs avec son saxophone ! L’instrument envoie des battements réguliers, et les sons passés en fond sont assez discrets. Parfois, on croirait entendre des mouches ce qui, avec la lumière rouge, porterait presque un côté organique / vivant au duo. Un concert terrible qui envoie du lourd, un saxophone sur une bonne disto ça passe ! Du jamais vu.

Après une pause salvatrice, direction la Het Patronaat. Malgré notre avance la salle est déjà pleine et nous nous faufilons en espérant réussir à être bien placés le phénomène Zeal and Ardor. Nul ne doute à ce moment que passer d’un projet expérimental sur internet à une tournée et une date au Roadburn est un grand défi. Après une bonne demi-heure d’attente dans une chaleur, moite collés les uns aux autres, les lumières se coupent et Manuel Gagneux monte sur scène affichant un visage psychédélique qui complète parfaitement la musique. [Petite aparté : quand un artiste fait son intro dans le noir, ce n’est pas juste pour le fun de couper les lumières, on appelle ça une « mise en scène ». Si tu n’as pas le cerveau adapté pour le faire naturellement, écoute ce conseil : range ton téléphone dans ta poche et ne prends pas des photo en foutant ton putain de flash à deux balles en plein sur la tronche du chanteur. D’autant plus que ta photo sera dégueulasse de toute façon !]. Bref revenons au concert, une salle blindée, une chaleur d’enfer mais la délivrance quand le show commence enfin, c’est l’extase, le chanteur a su s’entourer de musiciens de qualité afin de diffuser toute l’essence de son premier album. Une intro ambiance électronique afin de mieux nous prendre à l’envers par la suite. Chant gospel agrémenté de petites touches de screams, et refrains imparables soutenus par une batterie black metal. On appréciera les deux types déjantés qui font les cœurs avec une présence impressionnante. À la moitié du concert, le public est depuis bien longtemps aux anges. Rien de mieux pour Zeal and Ardor que de lancer alors leur plus gros morceau : Devil is Fine. Malheureusement, c’est tout le sound system qui rend l’âme en plein morceau. Quoi ? On ne peut plus faire d’hymnes à Satan dans une église ?! Après quelques tentatives infructueuses pour relancer la sono, le concert est bel et bien terminé. Le public restera longtemps à applaudir en reprenant le refrain en boucle comme pour mieux combler sa frustration.

Nous profitons donc de cette fin de concert anticipée pour aller jeter un œil aux derniers morceaux de Baroness. La Mainstage n’est pas entièrement remplie mais le public répond présent. Leur stoner-rock très accessible (en comparaison avec le reste de l’affiche) fait tout de même son effet. L’idéal pour profiter de l’une des nombreuses, délicieuses et hors de prix, bières du Roadburn.

Petite pause repas puis retour sur la Maintage pour le groupe de Hardcore Integrity. Le groupe ne nous fera pas bondir dans tous les sens mais, basé sur un rythme plus rapide et un chant plus agressif, ça fait quand même plaisir pour finir la soirée ! Nous rentrons après cette longue journée bien amortie, demain, c’est la journée du doom et il vaudra mieux être en forme !

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