Reportages

Published on avril 27th, 2017 | by Milo

0

Roadburn 2017 – jour 3 – Le sacre du doom

Nous attaquons cette dernière journée de notre périple tilburguesque dans notre salle préférée : la Mainstage. Bière à la main nous voilà placés au milieu de la fosse et parés pour le décollage avec The Bug vs Dylan Carlson de Earth.

Encore un concert exceptionnel comme le Roadburn sait en proposer. Ici, le guitariste mythique du groupe de doom Earth, collabore avec l’artiste électro The Bug. La fumée qui envahie la scène est l’unique décor de ce théâtre de démolition sonore. Telle une lame de fond, les basses nous transpercent de part en part. Ce doom-électro assumé nous aspire avec la force d’un trou noir vers les abîmes de la réflexion musicale minimaliste.

Nous tentons ensuite Oranssi pazuzu, c’est bien, c’est beau mais après ce que The Bug vs Dylan Carlson de Earth viennent de nous mettre, on est toujours scotchés et on a beaucoup de mal à rentrer dedans. (ndlr : même ceux de la bande à l’alcoolisme déclaré et qui se sont enfilés deux chouffes l’une après l’autre).

Nous quittons le groupe de black métal atmosphérique pour faire une pause avant de retourner pour la troisième fois d’affilée dans la Mainstage.

Warning nous fait l’honneur de jouer dans son intégralité son album culte watching from a distance. Patrick Walker sort ses tripes pendant une heure, il est torturé et le public souffre presque même avec lui. C’est une musique mélancolique à l’extrême et certains festivaliers (trois de nous quatre) décrochent à mi-chemin du voyage. Mais pour d’autres (un anonyme d’entre nous) le doom de Warning est unique et la voix du leader évoque les plus belles complaintes de John Frusciante (si vous ne connaissez pas la carrière solo de l’ex-guitariste des Red Hot Chili Peppers, penchez-vous sur The imperyan pour vous faire une idée !).

Nous n’aurons pu voir que deux chansons de The GNOD vs Kuro, mais vu comme ça avait l’air sympa, ce sera partie remise !

Déjà venu l’an dernier avec converge, Jacob Bannon revient avec son projet solo, Wear Your Wounds. A la différence de son groupe phare, JB nous plonge dans une ambiance très intimiste. Le chant apparaît souvent sur la retenue et la présence scénique presque cadavérique. Enigmatique et fascinant le chanteur de Converge joue également de la basse ici. La musique de Wear Your Wounds est quand même parfois violente, et si la Het Patronaat n’était pas entièrement complète, le public présent n’en est pas moins ressorti indemne.

Les festivals à l’étranger c’est bien, mais il faut aussi penser au retour. Trans Am ne nous a pas tellement convaincu avec son post-rock rétro, même si ça ajoutait quand même un peu de pétillant dans cette journée aux rythmiques plutôt très lentes. Enfin, la noise ambiante de Alluk Todolo nous assomme définitivement, même s’il faut quand même noter une mise en scène très sympa et assez paradoxale, avec en son centre une ampoule à intensité variable donnant l’impression que le groupe génère de l’énergie en jouant. Qu’on se le dise quand même peu de gens sautent partout en écoutant ce genre de musique. Nous ne pourrons malheureusement pas assister aux derniers groupes (Mystificum et Carpenter Brut) en raison de notre départ plus que matinal le lendemain…

Le Roadburn Festival mérite assurément sa réputation. Avec sa programmation ultra spécialisée, le festival est clairement orienté doom, black métal et surtout musiques expérimentales. On a un ensemble de salles variées, parfois atypiques comme l’église de la Het Patronatt ou disposant d’un confort inégalé (Mainstage O13) et le tout en plein centre-ville. Si le festival n’est pas bon marché (174 € le pass 3 jours, 2.65€ pour une bière « normale » et jusqu’à 7.95€ pour une bière bouteille de 25cl), il reste un incontournable à faire une fois dans sa vie pour tout amateur de ces courants musicaux et désirant vivre une expérience hors du commun. On regrettera quand même un peu la doomesse du public presque inanimé 95% du temps et surtout le manque de respect de nombreuses personnes vis-à-vis de leurs déchets (salles systématiquement jonchée de gobelets 30mn après le début de la journée -> Merci aux verres consignés des festivals français 😉 ).

Vous devez y aller pour : les shows inédits ; la programmation variée avec des ambiances très différentes entre les concerts ; les 5 scènes couvertes et à moins de 5 minutes les unes des autres ; les balcons de la Mainstage et de la Green Room qui sont très bien agencés et permettent de prendre un peu de hauteur en aillant une bonne visibilité et un très bon son ; pas de queue pour accéder aux bars, aux toilettes (propres) ou aux stands de nourriture (qui proposent des choses très différentes du burger bien gras à des alternatives vegan, en passant par la pizza, les nems, la soupe de légumes… c’est dire !) ; une bière de base : Grolsch / Jupiler meilleure que la Kro (thanks god) ; la possibilité de tout payer en jetons (comparé à d’autres festivals qui obligent à calculer combien on va mettre dans les jetons et combien on va garder en espèce pour manger…) et de trouver des distributeurs de jetons absolument partout ; des petits coins bien aménagés pour faires des pauses au soleil (oui, on a eu de la chance là-dessus) ; le centre-ville autour qui propose aussi des restaus et des bars pour ceux qui veulent continuer après ; les mecs de la sécurité sont sympas et donnent des conseils pour découvrir les spécialités locales.

Enregistrer

Tags: , , , , , , , , ,


About the Author



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour plus d'infos.