Sidilarsen Chatterbox Tour : Le public est notre âme | L'Appel Des Tympans

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Published on avril 2nd, 2014 | by Milo

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Sidilarsen Chatterbox Tour : Le public est notre âme

sidilarsen_chatterboxLe 21 mars dernier, quelques minutes avant leur monté sur la scène du Rio Grande à Montauban, nous avons pu profiter d’un petit moment backstage pour poser quelques questions à David “Didou” et Benjamin “Viber” les deux chanteurs de Sidilarsen.

Votre nouvel album Chatterbox, est sorti en début d’année. Pouvez vous nous dire qu’elles ont été vos ambitions pour ce disque ?

Didou : L’idée c’était de se faire plaisir, comme à chaque album. Il y a toujours chez Sidilarsen ce même leitmotiv, cette envie : se faire plaisir avant toute chose pour donner du plaisir aux autres. Avant de l’enregistrer on avait cette idée de faire un album simple, pas dans le sens simpliste mais qui est bien dans l’identité Sidilarsen. L’idée c’était d’affirmer l’identité de Sidi un peu plus fort, pour que définitivement on soit inscrit dans un son qui nous est propre dans le paysage musical français. Que les gens se disent voilà, Sidilarsen c’est ça comme musique, même si après notre style est difficile à définir. Mais je pense que lorsque l’on écoute on reconnaît Sidi assez vite.
Viber : Oui on s’est dit on va faire du Sidi, ce que l’on sait le mieux faire et qui parsème nos albums du début à la fin et on ne va pas faire trop de digressions. Il en reste, ça c’est dans notre nature, mais la base du truc c’est de faire un album compact.
Didou : Après il y a forcément de la nouveauté, on est obligé d’évoluer.

Le nom de Chatterbox pour votre nouvel album a suscité plusieurs hypothèses dans notre asso, pouvez vous enfin nous révéler sa signification ?

Viber : En fait ça vient surtout de nos échanges de théories permanents. Au départ on est de g rands théoriciens. Et du fait que l’on chante en français il y a une dimension un peu débat d’idées dans ce que l’on fait. Et un cinquième album ça fait beaucoup de titres, beaucoup de choses dites et donc surement beaucoup de choses à dire et des gens qui parlent beaucoup. Et en même temps ça questionne aussi la place dans la société de la parole à l’heure actuelle, qui à tout va via les réseaux sociaux, via internet… où est le vrai échange ? Où est le faux ? A quel moment on départage le positif et ce qui a plutôt régressé. Voilà quand tu entends qu’il n’y a jamais eu autant de gens seuls que dans notre société actuelle, c’est très étonnant. Il y a quand même des trucs de rencontre partout. Donc voilà ça questionne tout ça.
Didou : Après y’a le visuel qui rentre en résonance avec le titre, il y a cette bouche, on pourrait la voir comme l’expression d’un réseau internet parce qu’il y a un maillage. On peut la voir aussi plus humaine parce qu’elle est quand même enragée aussi. Il y a une énergie, elle est grande ouverte, elle a des choses à dire. Moi je trouve que cette bouche quand on écoute l’album elle change d’aspect. Mais bon ça c’est mon délire. Je la vois froide puis après s’humaniser.
Viber : En tout cas oui, elle est polymorphe elle peut représenter tout et rien. C’est ça un peu que l’on voulait : représenter ce que l’on y met dedans. Ce que l’on ressent en écoutant les morceaux. Soit c’est d’abord la rage, soit l’émotion, soit une envie.
Didou : Chatterbox ça siginifie moulin à paroles et vous en avez l’illustration maintenant (rires). Et après, histoire d’être un peu plus une pipelette, on voulait un nom assez simple mais pas si simple que ça. On voulait quelque chose qui fasse un peu électro dans sa sonorité et un peu simple car on a eu Machine Rouge, Une nuit pour sept jours. On voulait revenir à quelque chose un peu droit…
Viber : ça pause une différence, une légère provocation du fait que cela soit anglais alors que l’on écrit quasiment pas en anglais.

Comment vous est venu l’idée de faire participer votre public sur le morceau des milliards et comment s’est donc passé la création de se morceau ?

Didou : C’est le batteur, Sam, qui a eu cette idée dans le camion. Ça fait suite aussi à pas mal d’initiatives que l’on a eu avec le groupe depuis plusieurs années. On essaye d’impliquer d’avantage notre public car pour nous notre public c’est notre âme. C’est ce qui fait que l’on tient bon et même pas que tenir. On est encore mieux dans nos têtes qu’à nos débuts. C’est pas facile pour un groupe comme Sidi de tenir le choc pendant 17 ans et de ne pas exploser en vol. C’est compliqué dans un monde où tout s’homogénéise niveau artistique. Au niveau du business musical c’est assez verrouillé. Les choses sont assez codées. Nous on a traversé les époques, on est jamais vraiment à la mode, on est jamais leader d’un mouvement. Et petit à petit on a imposé une identité qui nous est propre. Et du coup on a un rapport au public qui est très fort puis ce que l’on est un peu hors système, hors médias. Et le public on a un peu envie de le soigner, on a envie de lui montrer que l’on est là et il nous le rend bien à chaque fois. Donc c’est cet échange entre Sidi et le publique qui est très important pour nous.
Viber : Voilà et ça nous permet de témoigner de cela.
Didou : Avant Machine Rouge on été parti distribué des singles en camion. On essaye d’imaginer comme ça des relations plus directes entre nous et le public sous quelque forme que ce soit. Et on essayera de poursuivre à l’avenir d’avoir de nouvelles idées. Après ce n’est pas évident de ne pas faire des trucs qui ont déjà été faits.
Viber : Après étonnement ça rajoute du sens au morceau. Parce que tu le chantes nous sommes des milliards contre une élite impossible qui nous évite, mais dit et répété par des gens très différents ça rajoute de la pluralité.
Didou :Après de l’écouter jusqu’au bout ça relève plus de l’expérience. Ce n’est pas vraiment une écoute comme on peut écouter un morceau de musique. Ça laisse une trace, une sorte de tantra un peu. On ne savait pas nous même ce que ça allait donner, on imaginait que ça pouvait avoir un intérêt, sinon on ne l’aurait pas fait. Après nos fan nous disaient “j’ose pas envoyer la voix…” et nous on répondait “ça va tuer faites nous confiance” mais en fait on savait pas.
ADT : Et vous avez mis tout ce que vous avez reçu ?
Viber : Oui on a tout mis…
SONY DSCDidou : En fait il y aurait pu en avoir beaucoup plus mais s’il y en avait eu plus je ne sais pas comment on aurait fait. En fait on l’a lancé au début de l’été et à la fin de l’été il nous fallait absolument les voix parce qu’on faisait le mixage. Si on avait eu l’idée plus tôt on aurait pu rassembler beaucoup plus de fan parce que là c’était pendant les vacances et les gens étaient pas forcément dispo et heureusement qu’on l’a fait comme ça car c’était déjà dur à gérer. On voulait absolument nommer les gens qui ont participé dans l’ordre sur la pochette et il fallait à chaque fois bien garder la trace.
ADT : Du coup il y en a combien dedans ?
Didou : 300… C’est bien, et au delà de 18 minutes je pense que ça aurait commencé à être long.

Vous venez de passer 4 jours en résidence à la salle du RIO. Es ce que cela vous a permis de préparer un set fondamentalement différent ?

Didou : Oui en fait on l’a en tête depuis à peu près un an, de nouvelles décos, vous allez voir, avec des vidéos qui sont en adéquations avec ce que l’on fait et le message que l’on veut transmettre. Il y a de l’esthétique, il y a du message, il y a de l’efficacité. Et jusque là on n’avait pas pu travailler tous les aspects techniques.
Viber : On a déjà fait 2 dates avant de venir ici et on était parti un peu la fleur au fusil. On avait réglé quelques trucs mais là on a pu vraiment poffiner. Et puis les trucs à la con, genre comment gérer tout le matos, montage, démontage sur les différents lieux où l’on va jouer. La préparation technique de tournée…
Didou : Et puis on est vachement impliqué avec notre équipe technique, c’est une grande famille ce n’est pas les artistes d’un côté et les techniciens de l’autre. Donc on a tous bossé pour que ça soit propre.

Votre processus de composition est il démocratique ?

Viber : C’est démocratique et aléatoire en plus. C’est à dire que la part de composition n’est forcément pas égale pour tout le monde au fil des albums, au fil des années. D’un autre coté il y a un truc qui est constant c’est qu’avec Didou il faut que l’on bosse ensemble assez vite quand vient le moment de poser le chant. Après sinon, c’est bien, ça fluctue, ça amène des couleurs différentes.
Didou : On ne s’est jamais fait autant confiance les uns les autres, durant toute la carrière du groupe il y a eu des phases, des périodes. Il y a eu une période ou c’était plutôt Fryzzzer le bassiste qui amenait un peu de la matière au niveau électro, au niveau de l’ossature des morceaux. Il y a eu des périodes où c’était plus Viber. Ça fluctue, après on est tous impliqué, on a tous notre vision, nos envies, nos désirs. On aime bien quand des fois il y a un guitariste qui va chez lui et il ramène 2 morceaux la semaine d’après.
Viber : Et puis on sait bien depuis assez longtemps, on a pu constater que c’est quand même un sacré filtre les 5 musiciens. Comme de toute façon, aussi original et complètement barré soit l’idée au départ, à la fin ça fait quand même du Sidi donc on a plus peur de grand chose.
Didou : on pousse même : vas y si tu as envie d’un délire amène le à fond, après quand ça passe dans le filtre ça devient du Sidilarsen.
ADT : Justement pour les paroles ? Chacun écrit les siennes ?
Viber : On écrit séparément mais après on chante les paroles peut importe qui les a écrites.
Didou : Oui puis l’écriture c’est quand même un peu intime, pour arriver à se libérer si tu as des parasites autour, ça ne marche pas. Et c’est vachement intéressant de chanter les textes de l’autre, c’est vraiment tout sauf un problème.
Viber : Ho oui quoi qu’il arrive, on pourrait même avoir envie de chanter des paroles écrites par d’autres. Tant que ça correspond à Sidi
Didou : Oui c’est vrai que c’est quelque chose qui nous intéresserait. Depuis quelques années, on en parle. Si on rencontre quelqu’un qui a quelque chose à nous proposer, il faut que ça nous parle, on serait ouvert à ça.

Que pensez vous du Medef qui souhaite réformer le statut des intermittents du spectacle ?

Viber : Ben on les emmerde !
Didou : ça brosse dans le sens du poil, certains crient à la catastrophe. Alors on a dit aux gens pour les rassurer « c’est la crise donc ne vous posez plus de question sur votre statut social, si vous perdez des droits, de toute façon c’est la crise, c’est pour tout le monde pareil » Ce qui est totalement faux. Ça n’a pas du tout touché les gens d’une façon équitable. Et la le Medef ils arrivent, ils font des concessions sur 2 ou 3 histoires à la con pour parler aux gens. S’attaquer à l’intermittent ça ne veut jamais rien dire. Moi ça m’énerve parce que c’est infime, c’est comme si on s’attaquait à la pollution des mobylettes quand on parle de la pollution dans Paris. Après c’est facile en manipulant les chiffres de faire croire que les intermittents sont responsables de ce qui ne va pas, c’est facile de ne pas tenir compte des spécificités culturelles de la France.
Pour faire très court si on devait synthétiser, on est pour une réforme, mais qui n’est pas du tout celle quiestproposée.Uneréformequivadanslesensdefairedeséconomies maisiln’yapeulefeuau lac. Les intermittents proposent des réformes mais elles ne sont pas écoutées. Effectivement il y a quelques abus mais c’est une minorité.

Que pensez-vous de la scène rock en France ? En particulier des groupes qui chantent en Anglais ?

Didou : Moi j’ai un très grand respect pour les groupes qui chantent en anglais, en espagnol, en chinois, … On ne juge pas la qualité d’un artiste sur ça. Après nous on se demande pourquoi l’industrie musicale française est à ce point dur envers ceux qui chantent en français, notamment pour s’exporter. Nous on pense que l’on peut s’exporter avec notre langue en imposant notre style, en imposant justement une identité. Après il y a des groupes qui l’on fait très bien, un groupe comme Gojira C’est un très bon exemple pour nous. Mais en même temps ils ont quelque part un peu la double nationalité. Donc ils savent maitriser cette langue. On trouve qu’il y a pas mal de groupes qui chantent en anglais juste par pseudo culture pour imiter leurs idoles. Et c’est ça la réalité, on est dans l’imitation. Et on a l’impression que chanter en anglais c’est juste un style et des fois ça permet de mettre un masque pour rentrer dans des cases. Et nous on a besoin d’être sincère.
Viber : Après 2 choses : l’identité et la sincérité, à mon avis ça va un peu de paire. Il y a plus d’identité dans ce que tu fais si tu parles dans ta langue maternelle de ce qui te touche. C’est forcément plus fort de te dire va te faire enculer que fuck you dans des paroles. Ça n’a pas la même portée, ça n’a pas la même…. heu, cet exemple est dégueulasse mais on comprend à peu près ce que je veux dire (rires). Et après tout simplement c’est comme s’il y avait un peu une fuite. Après c’est pas hyper facile de chanter du bon rock en français mais c’est passionnant et ça peut être très très bien. On entend très rarement dire putain il y a des très bons groupes de rocks français alors qu’il y en a toujours eu. Voilà il n’y a pas que Téléphone et Noir Désir.
Didou : Il y en a beaucoup d’autres mais ils sont peu médiatisés. Le problème, c’est que le rock maintenant en France c’est pas joli. Honnêtement, nous trouvons qu’il n’y pas grand chose. Ce que l’on présente comme du rock ce n’est même pas du rock pour nous. Après il y a de très bon groupes de rocks mais ils ne sont pas connus.
Viber : Et puis après il faut avoir des choses à dire. Ne pas chanter que du vent…. il faut qu’il y ait un peu de révolte. Le rock c’est un peu un truc pour dire voilà je n’accepte pas l’ordre établi tel qu’il est. Donc c’est bien aussi de le dire que ça soit en anglais ou en français. Ça a plus de portée en français, ça à plus d’impact politique également. Voila… moi dans la globalité je trouve que c’est d’un gentil en ce moment sur les trucs qui marchent j’ai jamais vu ça… Tout s’écroule et les gens sont là “il fait beau, on, est content, c’est cool la plage, c’est super”
Didou : De temps en temps il y a un contre exemple et ça rassure.
Viber : Et on espère que l’on fait partie des contre exemples

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