Chroniques

Published on décembre 11th, 2013 | by Monsieur T.

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SOAN Sens Interdits

Mais quel est donc ce sens interdit qu’emprunte Soan pour son troisième disque ?

Sacré Nouvelle Star en 2009, il publie dans la foulée un premier opus sincère et authentique. Le deuxième disque en 2012, plus sombre, est marqué par la mort d’un proche. Une ambiance à fleur de peau qui flirte avec la dépression. On s’enfonce dans le penchant obscur du chanteur. L’artiste y gagne en maturité mais à quel prix !

Après cette expérience Soan ne perd pas de temps, il est loin le temps de la Nouvelle Star et il ne souhaite pas en rester là et enregistre un nouveau disque à peine un an plus tard. « J’ai voulu faire un album où je n’en ressort pas exténué moralement » déclare t-il en interview avec son sourire espiègle. Loin de la provoc’ gratuite, Soan fait ce qui lui plaît et Tant pis pour les autres.

Revenons-en à ce troisième opus. Le bien nommé Sens Interdits. Soan est là, avec ses textes de qualité et son chant lexical si particulier. Toujours auteur-compositeur-interprète et maintenant réalisateur puisqu’il a co-réalisé son nouveau bébé (assisté par Frederik Rubens, l’homme aux manettes depuis son premier disque).
Conscient du chemin à parcourir, Soan se fait épauler dans l’attente de pouvoir maîtriser à 100 % cette étape. Alors donc Sens Interdit ? Oui ! L’ambiance ici y est presque joyeuse, Soan veut s’amuser et ce disque le prouve. Textes plus légers, musique plus joyeuse, des arrangements plus pop/rock (finis les accordéons et autres violons).
Ce n’est pas un défaut à mon sens même si la première écoute est vraiment déroutante. Soan fait partie de ces rares artistes où, à chaque écoute, le disque prend un peu plus de son sens. Comme un bon vin que l’on a besoin de laisser décanter pour être apprécié à sa juste valeur. Ici, chaque écoute supplémentaire nous permet de sublimer un peu plus le nectar.

PLAY : La première piste n’est en fait qu’une courte intro vers la chanson No Pasa Nada. Malgré le titre trompeur le texte reste en Français pour nous conter une histoire d’amour, une jolie balade tout en douceur. La voix si rocailleuse du chanteur reste dans la retenue, ce qui permet d’apprécier une autre facette de sa voix de velours. Une belle transition avant la suite du disque, Rêver d’en haut. Plus rythmée que la précédente, les chœurs entraînants font leur effet et la voix toujours sur le fil du rasoir est là pour nous combler.

Le single : « Come on little girl, kiss me please et ferme ta gueule », la little girl en question c’est La Demoiselle Inconnue (de son pseudo), une magnifique jouxte verbale où Soan et sa belle déversent leur phrasé si particulier tel un Bonny and Clyde. C’est frais et entraînant ! La mélodie se sifflote l’air de rien et les arrangements rock à la guitare restent discrets mais sans oublier d’être efficaces. Me laisse pas seul retranscrit à merveille l’ambiance du disque. Une bien belle chanson qui se trouve être le single de cet opus. Le clip à l’ambiance très Tim Burton, décalé mais en plus coloré est à découvrir ci-dessous.

Soan repart en douceur en faisant évoluer son Regarde moi vers une ambiance grunge propice à quelques hurlements primaires bienvenus. Il ne se passe rien est la critique du monde télévisuel trop éphémère. Trop léger dans les paroles, j’aurais apprécié que le texte y soit plus développé, ce dernier reste tout de même accrocheur, tout comme la mélodie. Dans Psycho Cinderella Soan se lâche dans un délire anglophone. Ça swingue, c’est dansant, on l’imaginerait aisément déguisé en Chaplin dans un éventuel clip !

Sens Interdits : Pour la chanson éponyme du disque Sens Interdits, nous avons droit au second (et dernier) duo du disque. Un duo avec Rachid Taha qui a la mérite de surprendre. Le contraste avec ces deux voix que tout oppose est saisissant. Deux voix rocailleuses et pourtant si différentes. On est loin du duo avec La Demoiselle Inconnue. Les voix sont ici complémentaires, en particulier lorsque le chant se fait à l’unisson. Le titre qui commence calmement finit dans un gentil tapage rock.

Le titre Bobo reste fidèle à l’esprit véhiculé tout au long de ce disque. Une mélodie rock bien rythmée sur des paroles fidèles à l’habitude de Soan. Il est toujours difficile de savoir précisément de quoi parle une chanson, Soan lui-même ne comprend pas toujours ses textes, c’est pourquoi je ne doute pas que vous vous ferez vous-même votre propre interprétation de ces textes.

La fin du disque se fait sur une touche plus sombre, la transition commence avec Elsa. Mais c’est surtout la dernière piste du disque qui retiendra mon attention. Avec Conquistador, on retrouve l’ambiance du second disque, grave et dépressif. Le disque a beau être majoritairement dans le joyeux ce n’est pas pour autant qu’il faut s’interdire un bon gros morceau de cafard surtout lorsque cela permet à l’artiste de se lâcher enfin. Lui qui retenait sa voix depuis le début du disque, lâche ici ses plus beaux hurlements de désespoir. L’un des titres les plus poignants de sa discographie. Ça mérite bien de verser une petite larme.

Malgré un côté aseptisé et plus grand public dans la réalisation de ce disque on retrouve le Soan que l’on aime, joueur et espiègle. Un disque qui a le mérite de montrer une autre facette du chanteur, celle d’un artiste heureux tout simplement.

Toutes les dates de la tournée de Soan sont disponibles ici : http://www.soan-officiel.fr/

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